Ecole du monde : Grève dans le primaire Ivoirien

On ne le dira jamais assez ! La côte d’ivoire traverse l’une des plus longues et tumultueuses crises socio-politique de sa jeune existence. Cette dernière n’épargne personne, même pas les enfants, innocents dans ces malheureux soubresauts militaro- politiques. Après ceux du secondaire et du supérieur, c’est aux enseignants du primaire de prendre la mouche et de proclamer une quasi-année blanche dans ces écoles publiques ivoiriennes. Car voilà environs deux mois que le plaisir d’avoir les cours, la fascination d’écrire et l’émotion de côtoyer ses camarades de classe ne sont plus que des vieux souvenirs pour les primairiens ivoiriens.

Tout commence au début de la rentrée scolaire, c’est à dire à la mi- septembre. A peine les cours débutés, les instituteurs réunis au sein de deux centrales syndicales le SYNNEPCI et le MIDD( Mouvement des Instituteurs pour la défense de leurs Droits) revendiquent des indemnités de logement. Et la loi leur donne pleinement raison. C’est en 1996 que le décret accordant une indemnité de logement ou à défaut une maison de maître fut signé par le ministre de l’éducation nationale d’alors. Depuis, plus rien, ni maison construite, ni indemnités versées.

Paradoxalement, c’est dix ans après, c’est à dire en 2006 au moment où le pays peine à trouver le sésame qui ouvre les portes du chemin de la Paix que les instituteurs décident de poser leurs revendications. Le moment curieusement mal choisi est peut être l’unique chance de ces maîtres pour recouvrer ce qui leur revient de droit.

Le ministre de l’éducation nationale Michel Amani Nguéssan, a lui-même reconnu la véracité des revendications dans une déclaration radio- télévisée à la RTI (Radio Télévision Ivoirienne), tout en rappelant aux enseignants que la situation économique actuellement morose du pays ne permettait pas au gouvernement déjà préoccupé par son bicéphalisme au sommet de l’état, de décaisser des milliards de FCFA pour leurs indemnités. Ainsi, il engage des négociations avec les enseignants à Grand Bassam( cité balnéaire, première capitale du pays). Ces conclaves accoucheront d’une souris. Malgré la persistance du ministre et le cri de cœur des parents d ‘élèves, les classes sont restées fermées au grand dame des enfants.

Interrogé par la télévision nationale, la présidente du syneppci a affirmé ceci : «  les parents d’élèves au lieu de parler sur tous les toits, devraient nous soutenir. L’argent affecté au comité de gestion des écoles est transformé en fond de commerce, ce qui veut dire que l’état a de l’argent. »

Alors les enfants devront encore attendre tout peinard, c’est aussi ça l’école en côte d’ivoire, voir en Afrique.

Par le correspondant de la plume + à Abidjan( côte d’ivoire) Mamadou Lamarana Barry, 2eme année Sciences Juridiques à l’université de Cocody.