La vie de Barry Diawadou, une des victimes de Sékou Touré

Comme vous le savez, le 2 octobre dernier la guinée a célébré son 50e anniversaire. Cette commémoration a été mise à profit pour évoquer le passé douloureux du pays, un passé marqué par des exécutions sommaires de tous genres. Sur les cinquante mille victimes des camps de concentration du dictateur Sékou Touré, figure un certain Barry Diawadou compagnon de l’indépendance et dirigeant d’un parti politique en 1958.

Feu elhadj Barry Diawadou est né vers 1917 à Kolo, cercle de Dabola, il était fils de feus Almamy Aguibou et de Fatoumata Barry dite Djiwô Kolo.


bry_diawadou

Les débuts de l’homme : ancien combattant de France, classe 1940, matricule 48610 grade sergent chef, il a participé à la 2e guerre mondiale dans le but de libérer

la France. Il

a également été conseillé de l’Afrique Occidentale Française avec siège à Dakar.

Aux élections partielles du scrutin du 27 juin 1954, il est élu député à l’assemblée nationale française sur la liste guinéenne d’union française pour une action sociale. Il a également été secrétaire général du parti Bloc Africain de Guinée (BAG), créé le 18 février 1955 après son départ du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Barry Diawadou était candidat aux élections législatives du scrutin du 27 juin 1956 pour la liste indépendante d’outre mer.

Entant que compagnon de l’indépendance, il fut le premier leader guinéen à donner le mot d’ordre à ses militants de voter ‘’ Non’’ au referendum proposé par le général De gaulle, en vue d’une indépendance de la guinée. Par ailleurs, il fut le premier leader à renoncer à tous les avantages dont il bénéficiait auprès de

la France

à savoir :Sa pension d’ancien combattant, ses biens matériels, sa pension de député à l’assemblée nationale française, sa nationalité française, tout ceci dans le seul but de favoriser l’accession de son pays à l’indépendance totale par patriotisme. En plus de tout cela, en 1959, quelques mois après l’indépendance, il refusera fermement l’offre de

la France

, de mettre à sa disposition de l’argent et une armée, pour un vote en faveur du « oui » évitant ainsi un bain de sang à son peuple. A noter que Barry Diawadou sauva de justesse le président Sékou Touré en lui recommandant de refuser de monter dans l’avion militaire devant le conduire à Dakar. La raison était très simple, les français voulaient le larguer en haute mer après son discours du 25 août 1958 à De gaulle.

Barry Diawadou a aussi servit dans l’enseignement guinéen et pour preuve, il fut le premier ministre de l’éducation nationale dans le gouvernement constitué le 2 octobre 1958, il occupera le même poste dans le 2e gouvernement formé le 27 mars 1960.

Il servira dans d’autres fonctions comme :

Ministre des finances dans le 3e gouvernement formé le 27 janvier 1961, ambassadeur de guinée auprès du gouvernement de la république Arabe Unie, de la république du Liban, du Yémen, de

la Somalie

, du Soudan avec résidence au Caire en Egypte le 1er janvier 1963, directeur général de l’imprimerie Patrice Lumumba, le 28 novembre 1968, à ce titre il a édité un exemplaire du coran.

Malheureusement, Barry Diawadou décède en 1969 au Camp Boiro dès suite d’une arrestation arbitraire à l’âge de 52 ans.

 

Réalisé par Mody Boubakar Diallo, fils d’un ancien commerçant. Ex secrétaire administratif du Bloc Africain de Guinée (BAG) de la section de Mamou.