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samedi 27 juin 2009

Entretien avec Ras Condel leader du groupe Raisonnable Djély

Entretien avec Ras Condel leader du groupe Raisonnable Djély

Même si quelque part l’occident a beaucoup influencé la jeunesse africaine, guinéenne cela n’empêche pas les talents de chez nous résidant dans le vieux continent de faire d’immenses efforts pour toujours s’identifier à notre culture. Ras Condel est l’un de ceux-là, membre fondateur du groupe de rap Raisonnable Djély, il réside à Grenoble en France. Dans cet entretien, il évoque sa vision sur le hip hop guinéen.

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: parlez-nous de votre personne et de vos débuts dans la musique

Ras Condel : je suis leader fondateur du groupe avec Mokovie et Phénomène X. Mes débuts dans le rap remontent à 1994-1995. Mais déjà depuis 1991 on était dans le milieux lorsque MC Solar est venu à Conakry pour un concert, cela nous avait beaucoup touché et après nous avons commencé à monter des petits groupes à

la Sainte

Marie

jusqu’en 1995 année à laquelle nous avons formés un vrai groupe ‘’ positif possy’’ avec des amis du collège. Nous avons alors progressés ainsi jusqu’à la création de Raisonnable Djély et là nous étions au lycée.

Pouvez-vous nous dire ce qu’est devenu ce groupe, parce qu’on remarque qu’après votre départ pour

la France

, il n’y a pas eu de suite ? 

C’est vrai que le groupe a cessé un peu les activités et que moi aussi je n’étais pas là. C’est normal car les autres membres devaient eux aussi achever les études. Tout comme moi j’étais en France dans le cadre des études. C’est en fait ce qui explique le fait qu’il n’ y a pas eu d’album sur le marché. Mais dans l’ombre, Raisonnable a toujours écrit de petits morceaux, donc nous comptons faire un best of un jour avec des titres inédits que personne n’avait jamais écoutés.

Comment vous et Prophète ‘’G’’ avez-vous formez Insoumis Sigui ?

Insoumis Sigui a été formé sur une idée de mon grand frère Prophète ‘’G’’. On s’était croisé en France et nous avons aussitôt commencé à écrire ensemble des textes.  Au début lorsque nous avions formés le Rap Koulé nous étions ensemble. On a toujours eu l’idée de créer un groupe standard, inédit qui devait reconnaître toutes les fractions de ce pays. Et la création du groupe a coïncidé avec les événements douloureux que les guinéens ont vécus durant les deux dernières années. Donc nous avons profité pour faire Insoumis Sigui qui est un cheval de bataille et de revendication de la population, donc on a essayé de monter que nous partageons la douleur de tous les frères guinéens.

Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

J’ai énormément de projets, dans l’immédiat il y a la sortie d’un album dance hall qui est prévue pour très bientôt. J’enchaînerais avec un album purement reggae parce que c’est la nouvelle tendance musicale que j’ai. Par ailleurs, j’aimerais participer au mouvement CORRAG parce que je suis adhérent de ce mouvement. J’ai envie d’intensifier mon activité au sein de ce collectif. J’ai eu une formation en infographie et en multimédia, donc j’aimerais bien essayer de changer l’image de la culture guinéenne, changer la façon traditionnelle de faire les choses en essayant de donner une meilleure image à la culture urbaine.

Quel est votre regard sur le hip hop guinéen ?

Mon regard sur le hip hop est très positif. Le hip hop guinéen a évolué et a pris de la force, il devient de plus en plus puissant. Quand nous commencions au début à faire du rap ici, le hip hop n’était pas écouté par toutes les couches sociales du pays. Mais aujourd’hui, je vois que le rap est devenu un phénomène de société, tout le monde l’écoute, du petit garçon dans les quartiers jusqu’au vieux père dans les villages. Chacun connaît au moins le nom d’un groupe ou d’un chanteur de rap et donc cela est vraiment positif. Cela veut dire qu’il y a eu une véritable révolution et en plus aujourd’hui, nos groupes ont vraiment du talent, de la valeur. Mon regard est donc positif, on voit que les gars n’ont pas relâché le combat, ils ont vraiment suivi le bon chemin. Mais c’est vrai qu’il reste encore du travail à faire, il faut encore s’organiser, essayer de professionnaliser ce travail là.

Comment évoluez-vous avec les autres artistes guinéens à l’étranger ?  

On évolue ensemble, on se donne des conseils. J’ai des relations directes avec Bill de Sam, avec Général de Kill Point, Mouz ‘’ B’’, mais aussi avec Djeng de Gandal Foly, Kemy de Leg Def…on s’appelle, on se donne des idées à chaque fois que l’un de nous doit sortir un album. Bref, on entretien de très bonnes relations.

Quel est votre mot de la fin ?

Mon mot de la fin c’est d’inciter les gens à consommer guinéen, il ne faut plus être complexé par rapport à ce que nous avons chez nous. Nous avons beaucoup de jeunes talentueux qui font des choses super bien. Il serait dommage de ne pas encourager cela, de ne pas aller acheter les CD. Il faut éviter de graver les CD, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui travaillent pour ces CD. Donc un seul CD gravé met en danger au moins dix personnes qui ont travaillé d’arrache pied pour sa sortie.

Entretien réalisé par Amadou Barry, 1ere année Journalisme à Mercure. Tel : 64.75.33.58 baryamad@yahoo.fr 

Posté par mepa à 18:03:24 - culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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