samedi 7 novembre 2009
Baccalauréat 2009 : Rougui Barry fait sa correction
Baccalauréat 2009 : Rougui Barry fait sa correction
Le sérieux qui a caractérisé le déroulement des examens de cette année se traduit par des mesures intelligentes prises par le département de l’éducation. Ainsi, ce sont vingt enseignements qui ont été débarqués de tous examens nationaux soit pour incompétence, soit pour complicité de fraude.
Cette suspension va de un à six ans d’interdiction de toute activité liée à un examen en Guinée. Du lancement des épreuves à la correction, une rigueur sans précédent a caractérisé le déroulement de ces évaluations au cours desquelles, le système éducatif a marqué des points indélébiles.
Désormais, les élèves,les parents… savent tous que la réussite à un examen national de quelque niveau que ce soit ne relève plus de l’extraordinaire, mais plutôt de l’assiduité, la ponctualité, la maîtrise et de la rigueur en soi.
Dans le lot des enseignants sanctionnés, il y a un qui écope de six ans de suspension à tout examen national, il s’agit de Sylla Issa du CELF de l’université de Sonfoniah. Il a été qualifié d’irresponsable en tant que délégué national. Un autre Abdoul Gadiry Fofana professeur d’anglais au lycée de Donka DCE (direction communale de l’éducation) de Dixinn a eu cinq ans de suspension pour falsification de notes en tant que 1er rapporteur de la sous commission de correction de l’épreuve d’anglais.
L’autre groupe est composé de ceux qui se tirent d’affaire avec trois ans de suspension à tout examen au motif de l’irresponsabilité et de la complicité de fraude. Il s’agit entre autres de :
Mory Saïdou Soumah de la DCE de Kaloum, il a servi au secrétariat du centre ; Mohamed N’diaye directeur de l’école primaire de la gare à Kaloum en tant que chef de centre ; Mohamed Lamine Yansé membre du secrétariat de centre ; Mamadouba Camara de la DCE de Kaloum membre du secrétariat de centre ; Habibatou Cissé conseillère à l’orientation au collège de Boulbinet membre du secrétariat de centre ; Thomas Wann enseignant et surveillant à l’examen ; Mariama Ciré Diallo enseignante à l’école primaire de Tombo surveillante ; Dansa Soumaoro de la DPE (direction préfectorale de l’éducation) de Faranah surveillant ; Maurice Keïta du collège 2 DPE Faranah surveillant ; Kamsou Diarra Koulibaly du lycée Dan de Faranah surveillant ; Moussa Traoré collège 2 Faranah surveillant ; Saliou Diallo ENI (école normale des instituteurs) de Faranah surveillant ; Dansoko Samoura lycée de Faranah surveillant ; Sékou Camara lycée Gan Faranah surveillant ; Goulou Touré lycée Gan Faranah surveillant ; Sékou Bakary Condé surveillant ; Mohamed Aly Camara collège Niger de Faranah surveillant ; Almamy Traoré collège Passa de Faranah surveillant ; Mamadou Tiro Oularé collège 2 Faranah surveillant ; Paul K lycée Dan Faranah surveillant ; Laye Touré collège Niger de Faranah surveillant.
Deux présumés fautifs ont quant à eux eu une sanction moins dure que les premiers. C’est le cas de Yaya Bah de la DPE de Dubréka qui a été simplement averti, Ousmane Touré chef de section au service examens de Dubréka lui a été révoqué pour rétention de l’information et non respect des instructions officielles. Alpha Oumar Barry de la même DPE pour falsification de notes en tant que 2eme rapporteur de la sous-commission de correction anglais se voit interdire la participation à tout examen pour un délai d’un an.
Comme on voit si la mesure est suivie à la lettre et surtout si elle est assortie de sanctions sévères, l’école guinéenne pourrait connaître un souffle nouveau.
Moussa Kaba. Tel : 64.72.98.32/65.85.45.15
Takana rappel à l’ordre
Takana rappel à l’ordre
Dans la perspective de la présentation de l’album ‘’ Rappel à l’ordre’’ de l’artiste Takana Zion au public mélomane de guinée, l’artiste en question et sa structure Tavaka record accompagnés d’une fourchette d’artistes étrangers ont tenu deux grands concerts lives les 10 et 11 octobre à la plage de Rogbané de Taouyah.
Ces deux concerts humanitaires ont été placés sous le signe de la réconciliation et du souvenir à la mémoire des victimes de la répression du lundi 28 septembre. D’ailleurs, les organisateurs ont promis de verser 10% de la recette des concerts aux victimes des douloureux événements.
Le public lui s’est déplacé en masse pour ne pas se faire raconter l’événement, avant 14h heure annoncée de la cérémonie, l’espace était déjà pris d’assaut. Cependant, il aura fallu attendre 20h 15 pour voir Takana Zion débarqué sur place. Malgré le retard, celui qui fait la fierté de la guinée sur l’échelle mondiale, a su calmer les ardeurs et maîtriser comme on il sait le faire le public acquis à sa cause.
Pourtant, la fête n’a pas été que rose. Et pour cause, un grand désordre a été constaté ce qui a provoqué d’énormes bousculades ainsi que des scènes de bagarres entre spectateurs et agents de sécurité. On a aussi noté l’absence des cassettes de l’artiste sur le lieu. Même certains confrères de la presse ont été obligés d’acheter les tickets pour avoir accès à la plage. Certaines voix ont dénoncé cette pratique et ont appelé ‘’ A plus jamais ça !’’
Rappelons que ces concerts devaient se tenir le 3 octobre au stade du 28 septembre, ils ont été reportés en raison du massacre commis le 28 septembre dans ce stade alors que se tenait un meeting des forces vives. Déjà le vendredi 2 octobre, Takana avait convié les journalistes à un point de presse dans la salle de conférence du centre Mouna Internet à Kaloum. A l’entame de la rencontre, la structure Tavaka record par la voix de Aboubacar Mamadou Camara a préciser que l’album ‘’Rappel à l’ordre’’ était déjà sorti en France depuis le mois de mai et qu’il avait pu se maintenir à la 1ere place de vente des albums reggæ pendant une période de trois mois. Actuellement ledit album occupe la quatrième place malgré son prix fixé à 17€. L’artiste en parlant de son produit à fait savoir que c’est une manière d’inciter les africains à assumer leur responsabilité tant au plan culturel que politique. Il dira que rappel à l’ordre comporte 13 titres et contient des messages d’éducation, de connaissance et d’unité. Takana a également évoqué sa relation avec Elie Kamano dont on dit être son rival. Pour taire les nuances et mettre fin à la confusion, il a répondu au journaliste auteur de la question qu’il n’y avait aucune querelle entre les deux. Il dira que ceux qui soutiennent le contraire se font des illusions. Il démentira en même temps la rumeur qui prétend qu’il envisage de construire un temple pour rasta en Guinée. En ce qui concerne l’annulation du concert au stade, Takana a poursuivit qu’on ne peut pas faire la fête alors qu’il y a des familles en deuil. Il est allé jusqu’à dire que s’il lui était donné la possibilité de décider, il allait livrer le concert gratuitement.
La cérémonie s’est déroulée en présence d’un parterre de journalistes, de Tahirou Baldé distributeur de l’album en guinée ainsi que quelques musiciens venus de Guyane, de France de Jamaïque, du Mali et du Cameroun.
Amadou Barry, 2eme année Journalisme à Mercure. Tel : 64.75.33.58 baryamad@yahoo.fr
La saison des Nobel 2009
La saison des Nobel 2009
Chaque année le mois d’octobre est marqué par l’attribution des différents prix Nobel. Ces prix récompensent les travaux d’hommes et femmes qui se sont distingués à travers leurs recherches ou œuvres dans les domaines de la médecine, de la littérature, de l’économie, de la physique, de la chimie et de la paix.
Chaque prix comporte la somme de 10 millions de couronnes suédoises (970.000 euros) et est remis par sa majesté le roi Carl XVI Gustav de Suède. Les Nobel sont remis le 10 décembre date marquant le décès de l’industriel suédois Alfred Nobel inventeur de la dynamite (1833-1896).
Nous vous proposons ici les lauréats et les travaux grâce auxquels ils ont été couronnés.
Economie : Le prix Nobel d'économie a été attribué aux Américains Elinor Ostrom, première femme récompensée depuis la naissance de ce prix en 1969, et Oliver Williamson pour leurs travaux sur "la gouvernance économique", lundi 12 octobre. Leurs travaux sont particulièrement dans l'air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l'économie mondiale mais aussi sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles. Le Nobel d'Economie est une chasse gardée américaine, avec désormais quarante-cinq lauréats sur un total de soixante-quatre
Médecine : Le Nobel de médecine 2009 lui a été attribué à l'Australo Américaine Elizabeth Blackburn et aux Américains Carol Greider et Jack Szostak consacrant leurs travaux sur l'enzyme télomérase.
La télomérase est considérée, par de très nombreux spécialistes, comme l'enzyme de l'immortalité, ou encore de l'éternelle jeunesse. Naturellement présente dans l'organisme, elle sert à construire et réparer les télomères, qui sont présents à l'extrémité de nos chromosomes et dont le raccourcissement, au fil des cycles de divisions cellulaires, entraîne le vieillissement de nos cellules. Si elles sont absentes, la survie et la reproduction des cellules sont en péril.
"Si les télomères sont raccourcis, les cellules vieillissent. À l'inverse, si l'activité télomérase est élevée, la longueur des télomères est maintenue et la sénescence cellulaire est retardée. C'est le cas des cellules cancéreuses qui sont considérées comme éternelles", indique l'Académie Nobel.
Chimie : Le Nobel de chimie est allé lui à deux Américains et une Israélienne pour leurs travaux sur les ribosomes. Ces travaux promettent des avancées dans le traitement des maladies grâce à l’amélioration des antibiotiques.
Le Nobel de chimie récompense trois chercheurs pour leurs études des ribosomes : Venkatraman Ramakrishnan (MRC Laboratoire de Biologie Moléculaire, Cambridge, Royaume-Uni), Thomas A. Steitz (Université de Yale, Etats-Unis) et Ada E. Yonath (Institut des Sciences Weizmann, Israël).
Ensemble, ils ont réalisé une cartographie tridimensionnelle à l’échelle de l’atome de ce complexe enzymatique. Les ribosomes, véritables usines biochimiques, lisent le code génétique pour produire les protéines nécessaires à la constitution et au fonctionnement des organismes. Hémoglobine, hormone, enzyme digestive, composant des cellules, anticorps… tout cela est synthétisé par les ribosomes. C’est le cas pour l’Homme, mais aussi pour les bactéries responsables de maladies.
Littérature : L'Allemande d'origine roumaine Herta Müller s'est vue attribuer, jeudi 8 octobre, le prix Nobel de littérature 2009. Elle succède à JMG Le Clezio. Elle est récompensée pour avoir "avec la densité de la poésie et la franchise de la prose, dépeint l'univers des déshérités", a précisé l'Académie Nobel.
C'est le troisième auteur de langue allemande en dix ans à être récompensé, après l'Allemand Günter Grass, en 1999 et l'autrichienne Elfried Jelinek, en 2004. Elle a déclaré à l’annonce de la nouvelle : "J'ai dû apprendre à vivre en écrivant et non vice-versa. Je voulais vivre à la hauteur de mes rêves, c'est tout. L'écriture fut alors pour moi une manière d'exprimer ce que je ne pouvais pas vivre effectivement. "
Paix : À la grande surprise générale, le prix Nobel de la paix a été décerné au président américain Barack Obama pour sa volonté à promouvoir la paix à travers le monde. Obama doit être encouragé surtout dans son engagement pour l’arrêt de la course au armement selon bon nombre d’observateurs. En tout cas, certains n’ont pas hésité à critiquer cette distinction alors que le président des Etats-Unis n’aurait fait que des promesses.
Physique : Le prix Nobel de physique 2009 récompense trois retraités dont les travaux, publiés dans les années 60, ont radicalement changé la société des années 2000 en permettant l'émergence des nouvelles technologies de l'information. Charles Kuen Kao, pionnier de la fibre optique, partage le prix avec Willard Sterling Boyle et George Elwood Smith, inventeurs du capteur d'image numérique. |
Lorsque le prix Nobel a été annoncé ce matin du 6 octobre, la nouvelle, photos et textes à l'appui, a fait le tour du monde en quelques secondes, quasiment à la vitesse de la lumière. Une prouesse technologique qui doit beaucoup aux trois lauréats. L'un a joué un rôle essentiel dans la conception d'une fibre optique optimale, celle qui permet aujourd'hui aux milliards de données de transiter de par le monde les autres ont inventé un dispositif essentiel à la numérisation des images.
Dans les années 60, il en allait tout autrement. Lorsque les trois ingénieurs publièrent les travaux qui leur valent aujourd'hui de recevoir le prix Nobel, les communications transatlantiques balbutiaient (le premier câble transatlantique posé en 1956 n'autorisait que 36 conversations téléphoniques simultanées) et les cinéastes amateurs découvraient le film Super 8 tout juste commercialisé par Kodak.
La suprématie américaine
Cette saison 2009 est également très américaine, avec onze lauréats sur treize venant des Etats-Unis.
Coûts des fournitures scolaires : des prix qui parlent
Coûts des fournitures scolaires : des prix qui parlent
Après trois semaines de crise générale, la vie reprend peu à peu son cours normal à conakry. Pendant ce temps, les parents d’élèves profitent de la timide accalmie pour faire les achats des fournitures scolaires de leurs enfants.
Tôt le matin, les différents lieux de vente sont pris d’assaut par des clients venus de tous les horizons. A cet effet, nous avons enregistré les prix des fournitures scolaires les plus fondamentales au marché de Madina : pour les collégiens, le tissu kaki se vend à 10.000fg le mètre. Pour le complet d’un élève moyen cela nécessiterait 2,50 mètres correspondant à la somme de 25.000fg, sans compter les frais de couture. Pour les lycéens, les tissus bleu à 12.000fg et blanc à 15.000fg le mètre.
Egalement chez les tout-petits de l’école primaire, on y trouve des tenues cousues prêt à porter à des différents prix selon la taille et le sexe : 8 à 12.000fg chez les jeunes filles, 30.000fg pour les jeunes garçons.
Par ailleurs, un paquet de cahiers coûte 10.000fg, ce qui correspond à 1000 et 2000fg l’unité respectivement pour les cahiers de 100 et 200 pages. La boite de craie et l’ardoise sont vendues chacune respectivement 3000 et 2000fg. 3000fg est le prix d’un classeur en plastique et 10.000fg celui d’un cartable. Les sacs à dos se négocient à un prix qui oscille entre 25.000 et 40.000fg.
L’autre coin du marché communément appelé « Bordeaux » consacré généralement à la vente des vêtements friperies, reste convoité par les parents à revenus modestes. En cette période de rentrée des classes, on y trouve en abondance des chemises blanches à moindre coût, dont les prix tournent autour de 10.000fg.
Il ressort de ce constat que même si ces différents prix sont pour les uns raisonnables, mais restent tout de même pas à la portée du guinéen moyen, qui voit chaque jour se détériorer son pouvoir d’achat. A cela s’ajoute la fête de ramadan du 20 septembre qui engendre naturellement des dépenses considérables pour les parents et une semdiawobarry06@yahoo.fraine après la crise du 28 septembre. L’arrêt des activités un mois durant, chez un guinéen qui vit sinon vivote le jour au jour n’est pas du tout facile à supporter. Comme pour dire que ce dicton « Après la fête c’est la défaite » tien bon cette année encore dans notre bled. Bonne rentée des classes 2009-2010.
Mamadou Diawo Barry 3e Année Droit UGLC Sonfoniah. Tel: 64.52.07.08
A NOS MARTYRS
A NOS MARTYRS
C’est fut un lundi du 12 juin 2006
Ensuite celui du 22 janvier 2007
Aujourd’hui celui du 28 septembre 2009
Des lundis qui frustrent
Des lundis de perte d’illustres
Des lundis de bain de sang
Des lundis de perte de dignité
Des lundis qui fragilisent l’unité
Je pense à mes frères et sœurs qui sont sous les balles de l’ennemi
Mes souvenirs resteront indélébiles
Pour ces lundis de deuil
A toi soldat sans scrupule
Qui estime agir au nom de la loi
A toi répression sanglante
Es-tu devenue fatale ?
Mes compassions à toutes les familles éplorées
En attendant que justice soit rendue
Je vous prie de cesser vos larmes
En attendant que les coupables soient châtiés
Prions pour le repos éternel des disparus
Amen !
Diallo Mamadou Mountaga 3e Année Aménagement du territoire C.U de Kindia. Tel : 65.60.94.46/62.25.46.80
Rougui Barry ségréguée par son entourage, humiliée par Dadis
Enseignement pré universitaire
Rougui Barry ségréguée par son entourage, humiliée par Dadis
Depuis un certain temps, la patronne de l’enseignement pré universitaire Mme Kaba Rougui Barry connaît une traversée du désert. Nommée à ce poste en remplacement de Hadja Aïcha Bah, l’ex maire de Matam avait su gagner la confiance de Moussa Dadis Camara. Le chef de la junte avait au tout début de son règne magnifié la bravoure de cette dame, c’était lors d’une rencontre avec un groupe de femmes.
Quelques jours après, on apprenait que Rougui Barry avait été nommée secrétaire générale du département des transports. C’est de ce poste qu’elle a été propulsée ministre.
Mais le fait que Rougui Barry, étrangère au système éducatif soit promu à ce poste n’avait pas plu à bon nombre de cadres du département. De nombreux observateurs n’ont pas hésité à affirmer mordicus que le maintien de Rougui au sein de cette mare de crocodiles ne tenait que grâce aux bonnes relations qui la lient au capitaine.
Elle était dit-on à maintes reprises victime de coups bas de son entourage. Illustration de cette ségrégation qui ne dit pas son nom, lorsque la ministre devait recevoir une délégation d’un groupe d’enseignants venue la féliciter pour ses efforts dans la résolution de la crise qui a opposé le corps professoral au gouvernement à la veille des examens.
Présent dans la délégation le jour de l’audience, un professeur témoigne : ‘’ elle s’apprêtait à sortir de son bureau lorsque tout d’un coup un de nos collègues l’a apostrophé :
- mais madame nous avons un rendez-vous avec vous non ?
Surprise, Rougui a répondu n’être pas au courant d’une telle audience. Pourtant, après vérification elle se rend compte qu’un rendez-vous avait bien été accordé en son nom et en à son insu. Alors, elle s’exclame : ‘’ vous voyez, c’est ça qu’on tente de me compromettre. Si je ne l’avais pas su, on allait dire par la suite que j’ai refusé de vous recevoir !’’
Ces informations qui auraient pu paraître anodines ont été confirmées par la ministre elle-même. Elle a déclaré récemment à un groupe de journalistes qui l’interviewait ce qui suit : ‘’ on m’a laissé nager dans un lac qui n’est pas dragué. Je ne suis ni enseignante, ni syndicaliste et personne ne me guide sauf des lettres anonymes que je reçois.’’ Elle a même ajouté que son seul salut dépend uniquement du fait qu’elle soit une manager.
En tout cas, les choses semblent se compliquer pour la dame de fer. Le courant ne passe plus entre elle et Dadis dont elle était censée être la protégée. Selon des sources proches du camp Alpha Yaya Diallo (quartier général de la junte), Rougui a été copieusement insultée par Dadis Camara. La scène s’est passée alors que se tenait une réunion préparatoire de la rencontre entre le président du CNDD (conseil national pour la démocratie et le développement) et les présidents des CRD (communautés rurales de développement). A ce sujet, deux versions s’affrontent. L’une soutient qu’elle était membre de la commission préparatoire, l’autre prétend le contraire.
Obsédé par la présence gênante de son ministre, Dadis a fini par craquer et a alors déclaré sans détour : ‘’ je ne veux rien savoir. J’ai dit dehors, qu’elle sorte. Je n’ai pas à faire aux femmes wrangler (NDLR : marque de pantalon jeans) que tout le monde peut porter !’’
Mais pour certaines personnes, la simple présence de Rougui Barry à une réunion à laquelle elle n’était pas conviée, n’est pas la seule raison de l’acharnement dont elle a été victime. De nombreuses langues disent que la ministre a été dénoncée par deux membres influents du gouvernement qui lui reprochent de ne pas participer aux campagnes de soutien à la candidature du capitaine Dadis.
Quoi qu’il en soit, Rougui Barry a depuis lors quitté le pays pour recevoir des soins en France. On croit savoir qu’elle a été durement secouée, au point qu’elle ait subi un choc terrible. A la veille de la rentrée scolaire, des rumeurs ont même fait état de sa probable démission.
Mamadou Samba Sow
L’après 28 septembre : le fossé s’élargit entre civils et militaires
Evénement du 28 septembre : la chasse aux sorcières
En ce jour symbolique du 28 septembre marquant l’an 51 du nom historique de la Guinée à De gaulle, bon nombre de guinéens ont vécu l’horreur. Pour cause, le forum des forces vives a choisi cette date pour organiser un meeting de sensibilisation de ses militants et pour dire non à toute candidature du capitaine Dadis à l’élection présidentielle de janvier 2010. Point de rencontre, le stade du 28 septembre.
La suite on la connaît, l’intervention des bérets rouges a causé la mort d’une centaine de personnes selon les organisations de défense des droits de l’homme. En plus, il a été enregistré des cas de viols collectifs sur des femmes.
L’après 28 septembre : le fossé s’élargit entre civils et militaires
Le corps d’un militaire renvoyé d’une mosquée
Depuis le massacre du lundi 28 septembre au stade du même nom, rien ne va plus entre la population civile et les militaires. Le lundi 12 octobre dernier alors que le pays tout entier commémorait le deuil des victimes à l’appel des syndicats, un incident s’est produit à la mosquée du quartier Hafia 2.
Un groupe de militaires se présente à la mosquée à 16h30 avec la dépouille mortelle d’un des leurs en vue de la prière funèbre. Les fidèles présents opposent une fin de non recevoir à la demande. Pourtant, le disparu en question surnommé Japonais résidait dans ce même quartier. Un échange houleux s’engage entre les deux parties. Pour la population, il est inadmissible de prier le corps d’un homme qui relève d’une armée qui n’a pas hésité à tirer sur de paisibles citoyens sans défense. On a même entendu des mots du genre : ‘’ allez donner le corps à Dadis ou mangez-le si vous voulez, en tout cas il ne sera pas prié ici’’.
Les militaires eux ont vite crié à l’ethnocentrisme avant de repartir avec le corps. Selon des informations, le corps de Japonais aurait également été renvoyé de la mosquée de Hafia 1 à 13h30 lors de la prière de Zouhr. Ainsi va la vie !
Amadou Barry, 2e année journalisme à Mercure. Tel : 64.75.33.58 baryamad@yahoo.fr
Lycée de Donka : le proviseur aborde la dégradation de son école et la vente présumée d’une partie de la cour de l’établissement
Le 19 octobre dernier, nous avons rencontrés dans son bureau le proviseur du lycée de Donka Moussagbè Diakité. Dans l’entretien, il évoque les problèmes auxquels font face son école.
De la dégradation du lycée : Mr Diakité se félicite de l’évolution du dossier : ‘’ le dossier de la rénovation avance à grand pas, il est à 90%.’’
Le bâtiment de 3e étage a été construit en 1950, aujourd’hui il est victime de toutes les intempéries, ce qui explique sa vétusté. Le proviseur nous indique le mal qui ronge le bâtiment : ‘’ sa toiture est partie en mai 2008 du fait d’une tornade. Tout cela a joué sur les piliers et les balustrades arrière. Alors nous avons commencés à constater un effondrement des balustrades et des fissures profondes sur les murs.’’
Avec la saison des pluies, l’eau pénètre dans les six classes du 3e étage et dans les autres du 2e. Pour l’heure, Mr Diakité minimise les risques et exclu tout effondrement.
Le proviseur accusé d’avoir baillé une partie de la cour de l’école : Le journal ‘’La Transparence’’ dans sa livraison numéro huit avait accusé Moussagbè Diakité et son surveillant Cheick Ahmed Tidjane N’diaye d’avoir illégalement cédé la partie située derrière le lycée à des citoyens. L’affaire avait alors défrayé la chronique.
Mr Diakité qui s’inscrit en victime a d’abord préféré donner quelques notions à l’auteur de l’article ‘’ le journaliste doit respecter la déontologie, vérifier les informations à la base avant de les livrer aux consommateurs.’’
Il persiste et signe que rien n’a été vendu ‘’ rien n’a été vendu vous pouvez aller voir. Je regrette qu’il y ait eu cet article sans fondement.’’
Le proviseur dit être victime d’un règlement de compte ‘’ j’ai demandé aux gens qui occupaient l’espace en question de quitter les lieux. C’est en ce moment que cette histoire a été montée pour dire que j’ai vendu la partie aux parents de certains ministres.’’
Dès après l’entretien, nous avons été conduit sur les lieux. Nous avons pu constater un terrain nu sur lequel se trouvent deux maisonnettes. L’une abriterait le gardien (sur le flanc sud), l’autre un professeur victime de sinistre (sur le flanc ouest).
Sow Mamadou Samba et Sow Mamadou Moussa
Rentrée scolaire et universitaire
Rentrée scolaire et universitaire
Une reprise sur fond de tensions politiques
L’année du doute
Le lundi 19 octobre, c’est la mort dans l’âme que certains élèves, étudiants et encadreurs ont repris le chemin de l’école. Programmée pour le 5, la rentrée a été repoussée au 15 avant d’être effective ce 19.
On a l’habitude de dire qu’en Guinée, les années se suivent et se ressemblent. Mais 2009, est une année vraiment spéciale. Aussi spéciale que le pays n’arrive pas à se remettre encore des séquelles du massacre du 28 septembre qui a coûté la vie à de nombreux jeunes. Cette spécificité se remarque aussi dans l’absence de la ministre de l’enseignement pré universitaire. Depuis que Rougui Barry a été traitée par Dadis de femme wrangler que tout le monde peut porter, elle est en France pour des soins et n’a pas participé à l’ouverture des classes. Avant le départ de Rougui, elle avait annoncé que le gouvernement a commandé 14 conteneurs de craie dont un de couleur.
C’est donc son homologue de l’enseignement supérieur Dr Alpha Kabinet Camara qui a prononcé la veille un discours adressé aux acteurs du milieu éducatif. Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes du 28 septembre.
Dans les écoles visitées par nos reporters, l’ambiance était plutôt morose.
Complexe scolaire Jacqueline Bangoura
Dans cet établissement d’enseignement privé situé au cœur de Kaloum, une ambiance bon enfant régnait sur place. Mais les réactions étaient plutôt partagées, d’aucuns évoquaient l’affluence, d’autres des craintes.
Mr Alioune Touré le directeur des études affirme avoir pris toutes les dispositions pour le bon déroulement des cours. Il dit être surpris par le nombre élevé d’élèves ayant répondu à l’appel. Le surveillant général Camara Mohamed évoque une hésitation chez les élèves. Pour lui, le doute plane sur la suite de l’année.
Les enseignants eux également n’ont pas été en reste. La plupart redoute l’enlisement, c’est le cas de Bangoura Mamadouba prof de philosophie. Pour cet homme de craie, les tensions politiques risquent d’avoir une incidence sur les cours. Mais Mohamed Condé prof d’histoire estime lui que ces tensions vont s’apaiser, l’essentiel est qu’il y ait eu la rentrée. Le reste rentrera dans l’ordre.
Du côté des élèves, on a encore le souvenir des événements de septembre. Diallo Fatoumata qui est allée en classe sans uniforme par précaution dit-elle se dit stressée par ce qui s’est passé. Guéya Pierre Louis, a lui lancé un appel aux acteurs de notre pays pour qu’ils se donnent la main pour éviter une année perturbée.
Lycée du 2 octobre
Comme dans d’autres établissements, ici aussi la présence des élèves n’a pas été massive. Le proviseur Abdoulaye Diarouga Diallo est d’ailleurs le premier à reconnaître cet état de fait, même s’il pense que l’absence concerne les élèves qui logent en haute banlieue. Il sait pourtant que derrière cette réalité se cache également la pauvreté des parents. Zénab Soumah de la TSE confirme cela. Elle parle de manque d’argent, donc de fournitures. Mamadou Aliou Souaré élève en 12e SM se félicite quant à lui de l’effort fourni par ses parents pour cette rentrée.
Au 2 octobre, on redoute également les tensions qui risquent de ressurgir à l’approche des élections. En tout cas Camara Abdourahmane Daouda prof de physique, a tenu à dire aux élèves de ne pas se laisser utiliser, donc de ne pas participer à des manifestations de rue.
Collège Château d’eau
Ici dans cette école située à quelques mètres du grand marché Niger, le principal n’est pas du tout bavard. Il a catégoriquement refusé de se prêter à nos questions ‘’ je ne veux pas de problème, donc je préfère vous éviter.’’ Nous a-t-il lancé. Il poursuivit en disant que parler à la presse consiste à s’exposer, or dira t-il pour évoluer il faut rester discret.
Lycée de Bonfi
A Bonfi tout a commencé par une minute de silence à la mémoire des victimes de la répression du 28 septembre. Ici aussi la morosité était au rendez-vous à tel point qu’on pouvait compter les élèves mais aussi les salles non occupées. Interroger le proviseur Mr Alpha Oumar Dem a trouvé cette explication ‘’ les élèves ne sont pas venus tout simplement parce qu’ils ont soit la paresse ou la méfiance suite aux événements du 28 septembre. Ils ont perdu deux semaines et il y a des rumeurs qui couraient encore sur un possible report.’’ Preuve de la morosité au lycée de Bonfi, la salle de terminale SE a enregistré 38 élèves sur un effectif de 95. Les professeurs présents ont tout simplement associé les classes pour masquer la réalité amère du jour.
L’autre problème dans ce lycée est celui du manque de matériel. D’habitude, l’école reçoit six boîtes de craie ce qui n’a pas été le cas cette fois ci. A noter que le ministère de l’enseignement pré universitaire envisage cette année d’organiser ‘’ un teste diagnostique’’ pour mesurer le niveau des candidats aux examens nationaux. C’est en tout cas ce qu’on nous a laissé entendre.
Lycée de Matam
Le lycée de Matam avec ses 35 salles de classes a présenté un visage rayonnant ce 19 octobre. Les élèves n’ont pas caché leur satisfaction de retrouver le chemin de l’école après trois mois de vacances. Bachir N’diaye de la 12 SS2 a profité de l’occasion pour demander aux autorités du pays de prendre leur responsabilité pour assurer un bon déroulement de l’année. Diallo Oumou Falli de la TSS6 de son côté nous a assuré qu’elle est fin prête déjà pour affronter le bac, car elle dit avoir mis les vacances à profit pour se préparer. L’association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) de Matam par la voix de son président Traoré Ousmane a demandé une implication des parents dans le processus de sensibilisation des élèves en vue d’une année scolaire réussie. Mr Lansana Camara proviseur de l’établissement pour sa part a demandé aux élèves de s’armer de courage et de détermination pour qu’ils soient une relève efficace de demain. Aux profs, il leur dira de chercher à se qualifier afin de qualifier les élèves. Cette année, le lycée de Matam compte 13 classes de terminales dont 6 pour les SS (sciences sociales), 5 pour les SM (sciences mathématiques), et 2 pour les SE (sciences expérimentales).
Université UNIC
Au bloc A de l’université internationale collège de Kipé, les étudiants qui se sont présentés au campus étaient plutôt très rares. Parmi ceux qui étaient sur place, il y avait deux catégories. L’une lie sa présence à la réinscription, l’autre par contre était juste là pour trouver d’autres informations complémentaires liées à l’année académique. La plupart des salles étaient d’ailleurs closes, seul un bureau était ouvert pour ceux qui étaient venus pour la réinscription qui ne coûte que 10.000fg plus un paquet de papier rame.
Université Mercure
Dans cette université, le constat est à peu près le même qu’ailleurs. La rentrée était tout simplement morose. Mr Camara chargé de la scolarité estime cependant que tout c’est bien pensé. Mais plus loin, il affirme qu’il y a des étudiants qui disent être sans sous pour la réinscription. Il invite par la même occasion tous les guinéens à prôner la paix. Hawa Diawara de la 3e année BA (business administration) soutien quant à elle que les étudiants absents n’ont pour excuse que la pauvreté ou la fatigue. Le même avis est partagé par Camara Kélétigui.
Collège de Ratoma
Contrairement aux autres écoles, le principal du collège de Ratoma Demba Conté parle d’un engouement de la part de ses élèves pour cette rentrée. Il évoque même des débordements d’effectifs. Pour la suite de l’année Mr Conté demande aux parents d’élèves d’aider les encadreurs pour la formation des enfants.
Mais les élèves comme Amadou Saïkou Diallo et Ramatoulaye Diallo de la 7e ne sont pas de cet avis. Pour eux, même si les cours ont débuté, les choses ne sont pas autant satisfaisantes.
Van Volen Hoven
Ici le directeur chargé du primaire Aboubacar Siddy Bah se plaint des difficultés. Pour lui, les années précédentes voyaient les parents d’élèves venir à l’école une semaine avant la rentrée pour réinscrire les enfants. En 2009, tout a changé. Jusqu’à présent certains n’ont pas encore mis pieds au sein de l’établissement.
Lycée Le Bélier
‘’ La rentrée de cette année n’a pas connu un succès !’’, se lamente Mr Traoré proviseur de ce lycée privé situé dans le quartier Hamdallaye. La cause pour lui n’est autre que la situation politico-économique du pays. Au Le Bélier, quelques parents viennent réinscrire leurs enfants. Mais ils leur demandent de rester à la maison, car disent-ils on ne sait jamais à quand un autre déclenchement. Même son de cloche pour Karamoko prof de français qui pense que toute instabilité politique se répercute sur les autres activités.
Insécurité à Conakry : Sader assassiné par une bande armée
Insécurité à Conakry : Sader assassiné par une bande armée
Dans la nuit du 18 au 19 octobre, Amadou Sadio Diallo connu sous le nom de Sader jusque là directeur général adjoint de la promotion de l’emploi jeune a été froidement assassiné à son domicile sis au quartier Lansanayah Barrage par des hommes lourdement armés.
Selon notre source, c’est aux environs de 3h du matin que des personnes suspectes ont eu un accrochage avec des gardiens qui sillonnaient le coin. Mais face à la supériorité de la bande armée, les gardiens n’ont pas pu opposer une forte résistance.
C’est après cela que les bandits se sont rendus chez Sader. Ils ont commencé par saccager la chambre de son beau frère avant de s’emparer de la somme de 300.000fg et un téléphone. Après qu’ils aient défoncé les autres portes, la fille de Sader tentera de leur donner quatre téléphones pour qu’ils se retirent de la maison. Déterminés plus que jamais, les bandits ont vite fait d’accepter l’offre et ont ajouté ‘’ donnez vos téléphones, mais nous sommes là pour votre vieux. Dites-lui de sortir si non nous allons vous tuer.’’
C’est au moment où il s’apprêtait à ouvrir la porte que Sader reçu deux balles qui ont mis fin à sa vie.
Les assaillants qui n’étaient pas en tenue militaire et qui n’était pas cagoulés dit-on, sont repartis avec seulement les appareils téléphoniques et les 300.000fg.
Rappelons qu’Amadou Sadio Diallo servait au département de la jeunesse depuis près de deux décennies.
Arrivé sur les lieux, le ministre des services spéciaux, du grand banditisme et de la lutte contre la drogue commandant Moussa Tiègbro Camara a privilégié la piste d’un règlement de compte. En tout cas, cet assassinat relance une fois de plus la question de l’insécurité à Conakry.
Le défunt a été inhumé dans son village de Damboudhè dans la préfecture de Lélouma au nord du pays. Repose en paix Sader !
Amadou Barry, 2e année journalisme à Mercure. Tel : 64.75.33.58 baryamad@yahoo.fr



