Timbi-Madina

Rencontre avec le proviseur du lycée Mam Malick Diallo

 

La Plume plus : Faites-nous la présentation de votre école

Moctar  Wade : Notre école a été créée en 1999 par M. Diallo Moussa Para (président de la fédération des paysans du Fouta Djallon). Elle compte environ 250 élèves et est située dans la sous-préfecture de Timbi Madina (Pita). La  plupart des enseignants de l’étblisssement sont des sénégalais. Le taux d’admis aux examens nationaux passés a été formidable. Au Bac sur 16 candidats nous avons eu 14 admis dans la série Sciences Sociales. Au BEPC sur 36 candidats, 30 admis. Pour  l’entrée en 7eme, 30 admis sur 31 candidats.

La Plume Plus : quel constat faites-vous sur le terrain depuis la rentrée des classes ?

Depuis la rentrée, les élèves ne répondent à l’appel. Ils s’inscrivent mais ne viennent pas surtout au niveau du lycée.

En tant que sénégalais, qu’est qui vous a motivé à enseigner en Guinée ?

C’est une longue histoire !  Je suis venu en août 2007 et j’ai été appelé par un frère sénégalais qui gérait une école privée en Guinée. Nous avons fait deux ans ensembles mais il n’y a pas eu de compréhension. Finalement je suis rentrée au Sénégal. Je n’avais pas compris que la population de Timbi m’appréciait. Quelques jours après, j’ai reçu le coup de fil du fondateur de cette école et il m’a dit que les parents d’élèves souhaitaient que je revienne encadrer leurs enfants. Donc mes motivations sont d’ordre sentimentale, parce que quant les parents vous disent nous souhaitons que vous encadrez nos enfants c’est très important et tres fort.

Que pensez-vous de la méthode d’évaluation mensuelle, a-t-elle été efficace ?

Comme tous les systèmes, nous avons tenté et expérimenté. Cette méthode a des avantages tout comme des inconvénients. Le premier atout c’est que nous sommes obligés de courir derrière les professeurs pour avoir les notes des élèves. Le second, je ne sais pas si ça se vérifie, on suppose que les élèves sachant qu’ils sont évalués et surveillés, ils sont alors condamnés à bien apprendre.

Mais tout n’est pas rose. Tout le temps, les enseignants corrigent des copies, ils n’ont pas assez de temps pour la préparation des cours. Néanmoins,  nous, nous avions déjà devancé le ministère parce que nous faisons des évaluations mensuelles au primaire. Quant ils ont décidé de faire la reforme, nous étions déjà dedans.

Le fait que le ministère instaure ce système nous réconforte vraiment et cette méthode a été efficace pour nos élèves. Elle nous donne de bons résultats.

Je dois avouer cependant que je ne suis pas d’accord avec la suppression des compositions et je le dirais partout.

A votre avis, pourquoi les élèves guinéens ont un bas niveau par rapport à ceux des pays limitrophes ?

Ma conviction est que quant on travail, on réussi. Je répète la parole du ministre de l’enseignement  lors de la publication des résultats des examens nationaux ‘’ ces résultats sont indignent de notre pays, tout le monde est responsables (élèves, parents d’élèves, enseignants…) il est temps que nous nous retrouvions pour résoudre le problème». C’est comme ça qu’il l’a dit.

Votre message de la fin.

J’apprécie bien votre journal et je vous encourage.

Entretien réalisé par Oumou Salamata Bah 12ème SS Alpha Abdoulaye Barry de Pita