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La réponse à cette importante question se résume en un seul mot : LA REFONDATION.

La Nation guinéenne est en danger car, son système éducatif est en décadence.

Pourtant, « tant vaut l’école, tant vaut la nation ».

Ainsi, Nelson Mandela dira : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

Et Blaise Pascal TALLA, célèbre journaliste de Jeune Afrique souligne : « L’éducation est la clef du développement et le seul vrai remède contre la pauvreté.»

Les maux qui gangrènent l’école guinéenne sont aujourd’hui innombrables et concourent tous à sa détérioration progressive et profonde. Nous ne pouvons citer que quelques-uns tels que : La corruption généralisée, les violences multiples, le dérèglement, la désorientation,…

Pour remédier à ces multiples maux, je propose, comme pouvait le faire tout citoyen, les solutions suivantes :

Moraliser l’école guinéenne, instaurer la rigueur absolue aux examens, limiter considérablement le nombre d’universités et d’étudiants, multiplier et encourager les écoles professionnelles, améliorer les conditions de vie et  de travail des enseignants, assurer la formation continue des formateurs et encadreurs, assurer la gratuité effective de l’éducation, construire, rénover et équiper les établissements d’enseignement, composer avec les cadres compétents, réviser le contenu des programmes d’enseignement et restructurer les ministères en charge de l’éducation.

I-Moraliser l’école guinéenne

Corruption, prostitution, harcèlement sexuel, habillement extravagant, le népotisme, sont entre autres des réalités scolaires incontestables dans notre pays.

La corruption :

Est de nos jours, d’ailleurs depuis longtemps, le principal mal qui gangrène le système éducatif guinéen. Nombreux sont les élèves qui ne suivent pas réellement les cours mais, fort malheureusement, ils arrivent à décrocher l’examen par l’achat de sujets. Pour s’en rendre compte, il suffit de faire un tour dans la ville aux environs de 4heures du matin en période d’examen.

Pire encore, certains très nombreux également se retrouvent dans les universités  sans avoir décroché le bac. Ce constat alarmant est valable pour les examens antérieurs (examen d’entrée en 7ème année, B.E.P.C) et les évaluations au niveau des classes intermédiaires.

Bref, l’attribution des notes dévient de plus en plus louche et fantaisiste.

La prostitution :

Elle est une autre forme de corruption extrêmement dangereuse. Elle est non seulement contraire aux normes et valeurs de nos sociétés, mais aussi et surtout au règlement des institutions d’enseignement. Les NST (Notes Sexuellement Transmissibles) sont monnaie courante dans les écoles et universités. Ce qui compromet dangereusement la formation et affecte l’autorité des enseignants et encadreurs des institutions d’enseignement.

Harcèlement sexuel et moral

Les filles pour le premier cas et les cadres intègres pour le second, en sont les principales victimes.

Les premières (les filles) pour leur nature et les seconds (les cadres intègres) à cause de leur caractère.

Ce phénomène peut aussi expliquer ou engendrer d’autre maux subsidiaires tels que : La non-participation voir l’absentéisme des filles dans certaines cours, la fuite des cerveaux et le laisser-faire.

Habillement extravagant (accoutrements indécents).

Beaucoup d’élèves et étudiantes confondent les modes vestimentaires à arborer à la plage, au night-club, au lit et à l’école ou à l’université.

Elles doivent avoir leur propre raison, mais ce qui reste clair, c’est une conduite qui peut mettre mal à l’aise ou fasciner les enseignants et les étudiants. Elle crée la déconcentration au moment des cours et peut même être à la base des agressions sexuelles ou du harcèlement sexuel. Les garçons ne sont également pas épargnés par ce mimétisme vestimentaire du monde occidental.

Le népotisme

Les écoles et universités dont la gestion n’est pas fondée sur cette pratique ne font pas légion.

Le recrutement des enseignants et encadreurs de ces institutions n’est plus fondé sur la rationalité, mais sur le lien de parenté, de l’ethnie et l’origine géographique.

Dans de telle situation, il nous serait impossible de réussir l’unité nationale, la culture de la citoyenneté et la méritocratie.

II-Instaurer la rigueur absolue aux examens nationaux et évaluations permanentes

Le principe « tolérance zéro » serait salutaire et salvateur pour l’école guinéenne surtout au moment des examens nationaux (entrée en 7ème Année, B.E.P.C, Bac).

Cela diminuerait  drastiquement le taux de fraude et inciterait les élèves à prendre les études  au sérieux.

Ce même principe doit également être appliqué lors des évaluations permanentes.

Ainsi, seuls les méritants passeront en classe supérieur, l’accès à l’université ne serait dans ce cas, qu’à l’élite, c’est-à-dire les meilleurs parmi les meilleurs.

Par conséquent, nous produirons les cadres valables, compétitifs sur le plan national et international, des cadres capables de sortir la Guinée du gouffre  d’incertitudes.

Pour mieux réussir cette sélection scolaire, je suggère la réinstauration des baccalauréats1 et 2, du concours d’accès à l’université et des examens blancs.

III- Limiter considérablement le nombre d’étudiants et d’universités (Publiques et Privées).

Le nombre d’université, surtout privées dépasse les quarantaines actuellement, en plus de celles publiques.

Quant aux nombres d’étudiants, ils se comptent par plusieurs dizaines de milliers par an.

Cette démocratisation quantitative de l’enseignement supérieur n’est pas du tout avantageuse pour le pays.

Nous voulons certes beaucoup de cadres supérieurs mais des cadres de qualité, des cadres méritants et compétitifs, pas des cadres chômeurs ou parasites.

Dans une université, nous n’avons pas besoins de plus de 50 étudiants par salle au maximum.

Ce quota est valable pour les classes du secondaire également (collège et lycée) et même primaire.

Nous le savons tous que la pléthore des effectifs a une conséquence négative sur le niveau de compréhension des cours et les procédés d’évaluation.

A partir de là, on peut envisager la suppression des bourses financières (pécules) accordées à chaque étudiant de l’enseignement public afin de les investir dans l’amélioration des conditions d’étude et des travaux de recherche.

On pourrait ainsi octroyer par exemple une tablette à chaque étudiant comme promu ; équiper très bien les salles de classe et accorder des bourses d’études à l’étranger aux majors de chaque promotion.

C’est pour cela que je suggérais de supprimer les bourses d’études au niveau du baccalauréat au profit des majors de chaque promotion qui iront à l’étranger non pas pour des formations générales, mais spécialisées.

Ceci est plus bénéfique pour le progrès du pays.

IV-Multiplier et encourager les écoles professionnelles et techniques

Tous les élèves ne peuvent pas accéder à l’université, car l’accès à l’université passe par le respect d’un certain nombre de conditionnalités.

En plus, le pays n’a pas besoins que de cadres supérieurs pour son développement. Il a aussi besoin en quantité et en qualité, de techniciens, des hommes de métiers produits des écoles professionnelles et techniques.

Nous avons donc plus que jamais besoin d’établissements techniques et professionnels modernes, attrayants dotés d’un personnel assermenté.

Cela pourrait nous aider à limiter l’abandon scolaire et l’apprentissage informel des métiers. Puisque ce dernier état de fait ne mène nulle part. Quant à l’abandon scolaire (déscolarisation), il coûte très cher à la nation.

En plus, on ne serait plus contraint de repêcher des élèves non méritants et de les envoyer à l’université pour la forme.

V-Améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants et encadreurs.

L’enseignement est un « noble métier » dit-on, pourtant, les enseignants, eux, vivent en serfs dans notre pays.

Un enseignant est un chercheur quelque soit le niveau dont il a en charge. Sans cela, son niveau de connaissance et de compétence serait rétrogradé.

L’enseignant est par ailleurs, producteur de savoir. Il se doit décrire et publier constamment sur son domaine de compétence.

En plus, on doit s’engager dans l’enseignement par conviction et parce qu’on a les aptitudes nécessaires.

De ce fait, l’enseignant doit être mis dans des conditions privilégiées qui lui permettront de s’acquitter convenablement de ses devoirs d’enseignant.

Ce serait là, un autre moyen de lutter contre la corruption en milieu scolaire et universitaire.

VI-Composer avec les cadres compétents

« L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Cette affirmation qui a défié le temps, reste toujours un rêve dans notre société y compris dans le domaine de l’éducation.

Pourtant, le secteur de l’éducation, producteur naturel des ressources humaines pour tous les autres secteurs de la vie de la nation devrait servir d’exemple en termes de promotion des compétences.

Malheureusement, le népotisme, le clientélisme,… sont en train de prendre le dessus sur la méritocratie dans le monde scolaire et universitaire.

Des enseignants et encadreurs médiocres ne peuvent produire que des cadres médiocres.

VII-Restructurer les ministères en charge de l’éducation

Je ne vois pas la nécessité de fragmenter le ministère de l’éducation nationale en trois ou quatre ministères.

Les budgets de souveraineté et/ou de fonctionnement qu’on alloue à  chacun de ces ministères pouvaient servir de fonds d’exécution de plusieurs projets allant dans le sens de la réforme du secteur éducatif.

VIII-Réviser les contenus des programmes d’enseignement

Tout programme d’enseignement a pour visée principale: La production des cadres compétents et compétitifs à l’échelle nationale et internationale. Des cadres capables de se trouver de l’emploi et/ou de créer de l’emploi afin d’employer à leur tour d’autres demandeurs d’emploi.

De tels diplômés n’ont aucunement besoin de passer par la corruption ou le népotisme pour obtenir un emploi quelconque; encore moins être dépendants de l’Etat ou chômeurs de profession.

Fort malheureusement, le système éducatif guinéen actuel est producteur d’éternels parasites ; des chômeurs qualifiés en préparation de thé (PPT) et analyse politique partisane (APP).

Des modules comme l’entreprenariat (Esprit d’entreprise), la citoyenneté, l’engagement citoyen,… devraient être introduit dans les programmes d’enseignement afin de garantir une certaine autonomie et une responsabilité nette  des futurs diplômés au bénéfice de la nation tout entière voir même de l’humanité dans sa globalité.

IX-Assurer la formation continue des formateurs et encadreurs du système éducatif.

Dans un système éducatif défaillant, les fruits (diplômés) y compris ceux qui optent pour l’enseignement ou qui sont formés à cet effet sont forcément lacunaires.

Ces derniers, en tant que formateurs et/ou encadreurs des futures élites du pays ont besoin de façon continue d’une remise à niveau.

Des programmes de formation en connaissances pédagogiques, en management, en leadership professionnel et dans le domaine des NTIC doivent être conçus et réalisés de façon permanente pour une meilleure performance du système éducatif.

Il ne sert donc à rien de fustiger, mépriser ou exclure des enseignants à cause de leur faible niveau.

La meilleure solution  c’est de les aider à faire une remise de niveau tous les ans.

X-Assurer la gratuité effective de l’enseignement

Officiellement, l’éducation est gratuite pour tous en république de Guinée. A l’exception des élèves/étudiants inscrits dans les établissements d’enseignement privés.

Mais, les coûts liés aux fournitures scolaires, aux tables bancs, à l’A.P.E.A.E, à l’inscription/réinscription, la tenue scolaire, les révisions,… font que beaucoup d’élèves et parents d’élèves optent pour la désertion scolaire très tôt au primaire, au collège ou au lycée. Malheureusement !Cela, sans aucune qualification leur permettant de gagner leur vie avec dignité.

XI-Construire /Rénover et/ou Equiper les établissements d’enseignement.

« Un esprit sain dans un corps sain. » et «  un corps sain dans un environnement sain.»

Nombreuses sont les écoles et universités de la Guinée qui ressemblent aujourd’hui à des vestiges préhistoriques où les élèves et étudiants s’entassent comme dans une boite de sardine.

Des toilettes dignes de nom, on n’en trouve presque pas. Elèves /étudiants, professeurs et encadreurs se mettent généralement à l’aise derrière les salles de classe.

Conséquence, la puanteur empêche les gens de suivre convenablement les cours.

 

Aboubacar Mandela CAMARA, Sociologue, enseignant-chercheur

Tel : (00224) 628-133-609/ Email : aboucamus86@yahoo.fr