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samedi 27 juin 2009

Le Monde des Femmes

Le Monde des Femmes

Cette rubrique est la première du genre dans votre journal, elle a pour objectif de s’intéresser à l’univers des femmes. Nous essayerons à chaque fois que cela est possible de rencontrer celles qui bravent les obstacles pour se faire une place dans notre société.

Pour ce premier essai, nous vous invitons à découvrir Mlle Camara Fatoumata étudiante non voyante en classe de 1ere année sociologie à l’université Général Lansana Conté de Sonfoniah.

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: est-ce que vous êtes née aveugle ?

Mlle Camara : je ne suis pas née de la sorte, c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. C’est suite à une maladie que cela m’est arrivé, à l’époque j’étais très petite.

Alors vous n’avez pas cherchez à vous faire soigner ?

Il n’y a pas ce que mes parents n’ont pas fait. J’ai tellement utilisé de médicaments traditionnels et pharmaceutiques que j’en aie assez. J’ai même été hospitalisée un an durant. Donc si c’était à cause des médicaments, je serai guérie depuis.

Mais cela ne vous a pourtant pas empêché de suivre des cours non ?

Heureusement cela n’a pas affecté mes études, j’ai pu faire tous mes cycles de la 1ere année jusqu’à l’université et de la manière la plus correcte.

J’ai fréquenté plusieurs écoles dont la cité de solidarité de Taouyah où j’ai effectué le cycle du primaire. De là, je suis allé à Notre Dame de Taouyah (Sambayah) ; sur place, j’ai fait le collège. Quant au lycée, je l’ai passé à

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de

la Minière

et, actuellement comme vous le voyez, je suis à l’université de Sonfoniah.

Dites-nous, est-ce que vous avez eu à rencontrer des difficultés dans votre parcours, si oui lesquelles ?  

A la maison je n’ai pas de problèmes, je me plains pas. Mais à l’école, je rencontre d’énormes difficultés liées à la documentation. Seulement, il m’est très facile de comprendre les explications. Pour écrire j’utilise un poinçon et du papier. Mais le papier doit être une tablette, sans quoi on ne peut pas écrire.

Avec votre état, comment faites-vous pour vous rendre à l’école ?

Pour quitter la maison, une personne m’accompagne jusqu’à l’embarquement. Après j’appel ma copine pour qu’on continue ensemble. A la sortie des classes, en l’absence de ma copine, mes amies m’aident à m’embarquer dans un taxi. Quand j’arrive près de chez moi, j’effectue un appel téléphonique pour qu’on vienne me chercher. Voila, c’est comme ça que j’ai l’habitude de m’y prendre.

En dehors de l’école, arrivez-vous à faire d’autres travaux ?

Oui ! À la maison je fais la vaisselle, la lessive et je lave la maison. Pour se rendre compte de la qualité du travail, je me sers de mes sens ou je passe par mon entourage pour le savoir.

Bénéficiez-vous de soutiens ?  

Je suis soutenu par l’ONG Guinée Solidarité, cela depuis le collège jusqu’à nos jours.

Quel conseil avez-vous à l’endroit des jeunes ?

Toute personne peut faire ce qu’elle veut, donc il faudrait que les jeunes prennent du sérieux que cela soit à l’école ou dans d’autres domaines. C’est ce qui fera leur fierté. Je dirai à toutes les bonnes volontés, aux autorités, de bien vouloir aider les non voyants à avoir les documents nécessaires à la bonne poursuite de leurs études.

Entretien réalisé par Aïssatou Yéro Bah, 1ere année Sociologie à Sonfoniah. Tel : 60.39.67.30 astbah@yahoo.fr

Posté par mepa à 17:55:29 - le monde des femmes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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