Le 3 février 2017 à Abidjan, un groupe d’étudiants de l’IUHEG, institut universitaire des hautes études de Guinée a remporté la finale du concours sous-régional ‘’La Voix des jeunes’’. Avant l’étape ivoirienne, les représentants guinéens se sont imposés d’abord au niveau national.

La voix des jeunes Abidjan olga

Souriante, Mariama Guéladjo Bah la capitaine de l’équipe précise qu’elle fait la licence 3 géologie.  Selon elle, La Voix des jeunes qui est à sa deuxième édition est une compétition organisée par une ONG sénégalaise Social change factory initiée par Sobel Aziz Ngome. La Guinée s’est mesurée à la Côté d’Ivoire et au Sénégal.

En Guinée, c’est l’ONG LEJEPAD (leadership jeune pour la paix et le développement en Afrique) de Bangaly Tagbè Camara qui a géré le concours. L’idée c’est de chercher à impliquer les jeunes dans la recherche de solutions aux problèmes qui se posent en Afrique.

Avant de se retrouver en Côte d’Ivoire pour la finale, l’IUHEG est venu à bout de 10 universités. En quart de finale, l’institut universitaire des hautes études de Guinée a battu l’université Mahatma Gandhi. En demi-finale, l’IUHEG l’a emporté face à l’UNC, université Nongo Conakry.

Une finale qui l’a opposé à l’ISIC, institut supérieur de l’information et de la communication de Kountya que Mariama Guéladjo et ses amis affirment avoir éliminé sans trop d’effort. Le thème de cette finale a porté sur justice et droits de l’Homme, les violences faites aux femmes en Guinée.

Etape ivoirienne

Forts de leur parcours, les représentants guinéens arrivent à Abidjan. Kadiatou Diallo de la licence 3 sociologie, nous confie que les jeunes ivoiriens, sénégalais et guinéens devaient expliquer comment attirer les jeunes vers le monde agricole ?

En dehors des grands finalistes, il y avait les All stars constitués des meilleurs étudiants dont les universités ont été éliminées lors des préliminaires.

Le face à face a eu lieu au siège de la BAD, banque africaine de développement au Plateau dans la capitale économique ivoirienne. 

Selon Guéladjo, son équipe est partie en Côte d’Ivoire pour ramener la victoire. Elle avoue toutes fois que cela n’était facile à cause des préjugés. La compétition a été organisée par des sénégalais en terre ivoirienne, les guinéens ne se sentaient donc pas favoris. Mais finalement, nous nous sommes dits, c’est possible, ils ne sont pas des extraterrestres, ajoute la jeune demoiselle. 

La salle de plus de 400 places était remplie en grande partie par des membres de l’association des étudiants guinéens en Côte d’Ivoire. Du coup, les compétiteurs de l’IUHEG se sont en Guinée. Olga Siradin l’ambassadrice de Guinée en Côte d’Ivoire est personnellement allée soutenir l’équipe venue de Conakry.

Les prix

Victorieux du concours La voix des jeunes en Côte d’Ivoire, les étudiants de l’IUHEG ont reçu des prix, le trophée sous-régional ainsi que des bourses de formation pour six mois en France pour les trois lauréats. 

Le soutient de l’administration

Monsieur Bah Thierno Souleymane, le chef du département journalisme/communication de l’IUHEG a accompagné ses protégés à Abidjan. Il affirme que la fondation s’est fortement impliquée. Six jeunes ont été sélectionnés dont trois réservistes. Pendant que les candidats guinéens ont le niveau licence, les ivoiriens et sénégalais étaient tous en master 2. Malgré tout, l’équipe guinéenne a forcé l’admiration des ivoiriens et des cadres de la BAD précise monsieur Bah.

Pour monsieur Bah, contrairement à ce qu’on pense, le système éducatif guinéen n’est pas carrément perdu, mais il pense qu’il faut travailler, il ne faut pas se noyer dans l’autosatisfaction.  Après un détour dans les universités ivoiriennes, monsieur Bah déclare que sénégalais et ivoiriens sont à 80% bilingues. Ils parlent anglais/français et ça ils l’apprennent à l’école poursuit-il.  Pour lui, la Guinée devrait chercher à rehausser le niveau de son système éducatif.

L’autre constat de Bah Thierno Souleymane concerne les études avancées. Il affirme qu’au Sénégal et en Côte d’Ivoire, au niveau des universités et pratiquement dans toutes les filières, il y a le niveau master et le doctorat. Là également, la Guinée est à la traîne. Le chef du département journalisme/communication de l’IUHEG conclu par cette phrase ‘‘la Guinée ne devrait pas être un pays d’exception dans la médiocrité’’.

Mamadou Samba Sow